Nous y avons trouvé des éléments concernant la formation des conducteurs présents ou futurs, tout un fatras de textes concernant les infrastructures, les deux roues avec ou sans moteurs, les drogues licites ou non, et enfin deux énormes perles qui concernent l'une le retour du délit de Très Grande Vitesse, sinistre Phoenix déjà évoqué puis abandonné qui renaîtra toujours de ses cendres, l'autre une obligation de délation du conducteur par le propriétaire d'un véhicule surpris en infraction.
Avec à la clé amendes fabuleuses et prison pour les récidivistes.
Difficile donc à l' ABC de ne pas risquer un ou deux commentaires.
Personne ne peut critiquer "a priori" le développement d'une formation, qu'elle soit initiale ou "pour adultes". Le problème est de savoir ce qu'on a l'intention d'y fourrer.
S'il s'agissait d'expliquer que les accidents traduisent des risques effectivement pris, et que ce sont ces accidents qui provoquent éventuellement morts et blessés, on ne pourrait qu'applaudir. Malheureusement, comme ces notions n'ont jamais été comprises, sont même niées avec la dernière énergie de la part des personnes qui ont justement reçu la tâche d' "éduquer" leurs semblables (et malheureusement aussi les autres, ceux qui ne leur ressemblent justement pas !), on voit mal comment cette "formation" pourrait avoir d'autre contenu que les bourrages de crâne et autres lavages de cerveau déjà distillés à longueur d'année et qui trouvent leur plus bel accomplissement dans les stages de récupération de points de permis. Rappelons que ces derniers sont soustraits sans que le moindre lien avec une éventuelle dangerosité n'ait jamais été recherché.
Quant à une formation pratique, il est constant de rencontrer des conducteurs tout à fait formés sur ce plan, qui malgré ça multiplient les accidents. Ceux-là ne cessent de ressasser que les problèmes de sécurité seraient réglés si tous étaient formés comme ils le sont eux-mêmes, ne tirant pas la moindre leçon de la contradiction entre cette formation dont ils sont si fiers et leur inconduite dont ils attribuent évidemment la responsabilité exclusive à autrui.
Sur les mesures "généralistes" comme l'amélioration (ici, attendre et voir !) des infrastructures, la sécurité des cyclistes (et l'immatriculation des cyclomoteurs), l'attention attirée sur les dangers des drogues prescrites et le dépistage de celles qui sont interdites, il y aurait en principe peu de remarques à faire.
Si ce n'est pourtant à propos de la dernière mesure rapportée, de souligner que la solution proposée traduit (trahit !) la philosophie ayant présidé à l'accouchement de cette montagne :
il est prévu d'effectuer un dépistage des drogues prohibées chez les conducteurs impliqués dans un accident mortel.
Autrement dit, il s'agit d'une réplique exacte et d'une extension de ce qui existe déjà et que je dénonce depuis près de trente ans : l'ignorance des étapes préalables (et annonciatrices) des catastrophes inéluctables au profit de la prise en compte et de la comptabilisation des seuls drames consommés !
Avec alors pour seule action possible (et par conséquent seule ambition !) de pouvoir appliquer une sanction. Tant pis pour les victimes : elles auront la satisfaction posthume d'apprendre (la loi ne dit pas comment) que les coupables seront punis !
Enfin il reste les morceaux de bravoure de notre Ministre : le crime de Très Grande Vitesse, qui verra les fautifs dépouillés de plusieurs dizaines de milliers de francs, puis jetés en prison s'il tombent dans un second piège. Avec exactement la même inconséquence inouïe que celle qui est pratiquée depuis plus de vingt-cinq ans : l'absence totale de prise en compte ou de recherche du degré de dangerosité (ou de sûreté) du passant piégé.
Avec en prime une infamie pour finir, cerise empoisonnée sur un gâteau déjà très faisandé : l'obligation pratique pour le propriétaire d'un véhicule surpris "au vol" en infraction de dénoncer le conducteur, sous peine d'avoir à subir lui-même la sanction.
Il faut remarquer à ce propos que l'infraction consiste ici dans le non respect du dogme (air connu), en l'absence totale de tout préjudice causé, et que ce dernier point suffit à différencier complètement cette obligation de délation du précédent parfois invoqué des règles régissant les infractions aux interdictions de stationnement qui sanctionnent (en principe !) une gêne effectivement constituée.
Pour ma part, je sens qu'avant que je regrette Georges Sarre, il n'y a pas si loin !
Bonne Année quand même !
Claude Vallier