ABC Mai 1999 : Concours "Connaissance de l'Insécurité routière" :
Réponses et Commentaires

Au mois de janvier, nous avons organisé un Concours portant sur des connaissances historiques indispensables à posséder pour apprécier la qualité de nos Responsables et prévoir par la même occasion les résultats que l'on peut attendre des mesures que l'on nous concocte.
Il est maintenant temps de donner comme promis les réponses aux questions posées (hormis la réponse à la dernière d'entre elles, puisque celle-ci ne sera connue qu'au printemps prochain)
Nous nous sommes de plus permis d'ajouter quelques commentaires à la publication des réponses "brutes".
Quant aux conditions exactes et au réglement, ces derniers n'ayant plus de réelle importance maintenant que ce concours est clos, nous renvoyons les curieux à la lettre de janvier dernier.
QUESTION 1 :
En quelle année un Secrétaire d'Etat instaura-t-il une limitation de vitesse sur la quasi totalité des Routes Nationales (plus de 13000 km) ?
Réponse : En 1970.

QUESTION 2 :
Quel gain en nombre de vies humaines épargnées ce Responsable affirmera-t-il être certain d'obtenir "dès la première année" ?
Réponse : Cinq mille !
Commentaire : Tiens tiens ! Ca ne vous rappelle rien ? Ces affirmations ont le mérite de mesurer la capacité d'évolution dont ont fait montre nos Responsables en 30 années.

QUESTION 3 :
Quel sera le résultat exact de cette expérience ?
Réponse : En 1970, on dénombrera 370 morts de plus qu'en 1969.
Commentaire : Ce résultat peut utilement être rapproché du résultat de 1998 comparés à ceux de 1997. Tout se passe comme si le même niveau de compétence produisait les mêmes effets. Ce qui confirme que sur la route comme ailleurs, il n'y a pas de fatalité, seulement des enchaînements logiques. Et quand on part d'une hypothèse fausse ...
Ceci dit, le Ministre de l'époque avait honnêtement reconnu son erreur. Notre actuel autoproclamé Superman de la sécurité aura-t-il les mêmes capacités d'autocritique ? Au fur et à mesure que les décennies s'ajoutent aux décennies, la reconnaissance d'erreurs implique l'acceptation de la responsabilité d'un nombre croissant de morts !

QUESTION 4 :
Pourquoi, à votre avis, cette expérience, comme celle qui la précédait et plusieurs de celles qui lui succéderont, ne figure-t-elle pas dans les "statistiques" officielles ?
Réponse : Pour pouvoir faire coincider le début de la décrue du nombre des victimes de la route avec l'avènement des limitations de vitesse.
Commentaire : Honnêteté, quand tu nous tiens !

QUESTION 5 :
Quelles ont été (dans les grandes lignes, les chiffres exacts ont peu d'importance), les mesures prises concernant les vitesses autorisées au printemps de l'année 1974 ?
Réponse : On a réaugmenté le niveau des vitesses autorisées sur certains secteurs du réseau routier, parfois de façon considérable.
Commentaire : Par exemple de 33 % sur les routes à 4 voies. Cette libéralisation a été faite en raison de la fin du choc pétrolier qui avait servi de prétexte à accroître et à généraliser les mesures de limitation.

QUESTION 6 :
Quel a été le résultat obtenu en 1974 ?
Réponse : On a pu constater une diminution de 13,5 % du nombre des victimes.
Commentaire : ... amélioration jamais obtenue auparavant ni retrouvée depuis.

QUESTION 7 :
Pourquoi, cette fois encore, les statistiques officielles n'en font pas mention ?
Réponse : Afin de pouvoir affirmer, sans risque de contestation, que chaque fois que l'on a augmenté les vitesses autorisées, on a constaté une augmentation du nombre des morts.
Commentaire : Les "Observateurs" ont même coutume d'ajouter qu' "il n'y a pas d'exemple contraire"..!

QUESTION 8 :
Au milieu de l'année 1992 était institué le système du "permis à points" dont tous les Responsables s'accordent pour affirmer l'efficacité capitale. En 1993, première année pleine de son fonctionnement, quel a été, en pourcentage (nombre entier attendu), le gain obtenu en vies humaines ?
Réponse : Zéro pour cent.
Commentaire : Quel que soit le système de répression envisagé, son efficacité ne dépend que d'un facteur principal : celui de déterminer à qui il doit être appliqué.
Pour donner un exemple (au hasard ..!) : doit-on retirer des points à celui qui renverse un scooteriste ou à celui qui s'est fait piéger pour ne pas avoir respecté un dogme ?
Tant que le pouvoir sera dévolu au premier, le second lui servira de bouc émissaire. Ce qui bien sûr ne peut avoir aucun impact sur la sécurité (mais sur la "justice", oui !)

QUESTION 9 :
En 1995, le seuil maximum de l'alcoolémie toléré au volant était abaissé de 0.80 à 0.50 g/l. A cette occasion, les Instances officielles avaient annoncé devoir obtenir un gain de 20 % en vies humaines.
Quel a été le résultat effectivement obtenu en 1996 ?
Réponse : Le gain a été de 3.9 %
Commentaire : ... vite remis en question. 1998 a retrouvé les chiffres de 1995.
Eh oui ! Si nous sommes absolument convaincus, à l' ABC, de la nocivité de l'alcool (et pas seulement sur la route), la seule façon de procéder pour combattre efficacement les effets de ce fléau est celle qui est préconisée dans "JE SUIS UN CHAUFFARD : Juste un dernier".
Tout autre mode d'action revient à sanctionner des passants presque "au hasard".

QUESTION 10 :
Sachant qu'en 1997, le nombre des personnes ayant trouvé la mort sur la route a été un peu inférieur à 8000, quel sera le nombre des Tués en 1999 ?
Il est évident que l'on devra attendre le printemps prochain pour avoir la réponse à cette question prévue pour départager les éventuels ex-aequo, donc à déterminer le gagnant.
Ce qui précède permettra aux participants d'évaluer quelle est leur chance de passer des vacances à nos frais ...

Commentaire : Il n'y a rien dans le projet de loi "Gayssot" qui soit de nature à induire une quelconque amélioration de la sécurité. Rappelons d'ailleurs qu'après un décret préfigurant cette loi promulgué en mars 1998, son Instigateur en est réduit à courir après les résultats constatés en 1997, année du début de son mandat.
Rappelons que les réponses aux questions de ce divertissement ont un intérêt double :
d'une part elles permettent d'évaluer les compétences de nos Responsables et plus encore leurs capacités d'évolution ;
d'autre part elles sont utiles pour prévoir le niveau d'efficacité des mesures que l'on nous prépare, donc pour appréhender leur justification.
Malgré le caractère hautement affligeant de ce que l'on observe, j'espère que nous aurons contribué à vous divertir un peu tout en vous raffraichissant la mémoire ou en vous éclairant.

Claude Vallier

Note du 20 mai 2000 : En 1999 il y a eu 8029 personnes qui ont trouvé la mort sur les routes de France.
C'est un habitant (certainement un lecteur, pour avoir su trouver les bonnes réponses !) de Savigny sur Orge qui, en avançant le chiffre rond de "8000", est sorti vainqueur de cette épreuve.


En cliquant sur votre choix, vous pouvez :